Vous êtes ici
Accueil > Bien-être > Une semaine au service obésité d’un hôpital

Une semaine au service obésité d’un hôpital

L’obésité, l’obésité morbide, les chirurgies de l’obésité sont des mots encore tabous et des sujets souvent évités aujourd’hui dans notre société. On aurait pu croire que dans un service hospitalier exclusivement dédié à la pathologie de l’obésité il en aurait été autrement, mais pas toujours comme vous allez le lire ci-dessous.

Cette interview n’a aucune autre volonté que de partager l’histoire d’une femme qui a connu cette expérience. Sans jugement ou parti-pris sur l’obésité, la chirurgie de l’obésité ou le milieu hospitalier…

Grace au témoignage de Laurence, qui a passé une semaine dans un « service obésité » d’un hôpital, nous allons pouvoir découvrir ce monde si secret.

Caroline de Boaimes (CB) : Merci beaucoup Laurence d’avoir accepté de faire cette interview, de vous livrer à cœur ouvert sur cette expérience très personnelle.

Ma première question : Pourquoi avoir été hospitalisée une semaine ?

Laurence (L) : En obésité morbide (140kg pour 1,70m) depuis plusieurs années après une prise de poids très importante (+50kg) et très rapide (6 mois) consécutive à un choc émotionnel, j’ai décidé à 28 ans de reprendre ma santé en main car j’enchaînais maladies après maladies, jusqu’à développer une pneumonie après 3 jours de bronchite.
Mon système immunitaire et mon corps étaient K.O. et n’arrivaient plus à se défendre.

Aussi, sur les conseils de mon médecin traitant, nous avons décidé de faire un check-up complet (sang, articulations, cœur, …) à l’hôpital, et quoi de mieux que faire ce bilan dans un service dédié aux personnes obèses, comme moi.

Une semaine au service obésité d’un hôpital - checkup
Crédit : Pixabay

 CB : Le premier jour à votre arrivée à l’hôpital, qu’est-ce qui vous a le plus marqué ? Quelles ont été vos premières impressions ?

L : J’étais extrêmement timide, j’avais l’impression que tout le monde dans les couloirs savait que « la grosse » allait forcement au « service obésité » de l’hôpital. Je ne sais pas pourquoi je me suis mise une telle pression, car arrivée au service j’ai été très bien accueillie et on m’a vite conduite dans ma chambre.

Le médecin du service est rapidement venu m’expliquer le planning de la semaine et les examens détaillés que j’allais passer.
Mais au premier passage de l’infirmière, celle-ci m’a posé LA question fatidique, LA question que TOUTES les personnes (milieu médical ou non) rencontrées lors de cette semaine allaient me poser :

« Pour quelle opération vous venez ? »

Quelle tête j’ai dû faire quand on me l’a posé pour la première fois ? Surprise ? Déstabilisée ?

Non, en fait j’étais gênée de devoir répondre que « non, je ne viens « que » pour un check-up complet », suivi d’une multitude d’explications pour me justifier et argumenter pourquoi je ne voulais pas me faire opérer.

Une semaine au service obésité d’un hôpital - soin
Crédit : Pixabay

CB : Puis-je me permettre de vous poser la question suivante, pourquoi ne pas vouloir vous faire opérer ?

L : Vous pouvez vous permettre, je suis là pour cela, pour expliquer mon vécu personnel.

Je pense en premier lieu que je n’étais pas prête à envisager une opération, je voulais d’abord savoir comment mon corps allait, quel était mon réel état de santé et peut-être (surtout) découvrir s’il y avait une origine médicale à ma prise de poids.

Si on m’expliquait « pourquoi », je pensais que j’allais pouvoir trouver la solution de « comment » perdre ces kilos qui mettaient ma santé en péril.

Une semaine au service obésité d’un hôpital - examen
Crédit : Pixabay

CB : Comment se sont passé ces examens ? Y avait-il un vrai intérêt à faire ce check-up dans un service spécialisé dans l’obésité ?

L : Le premier avantage : les installations et le matériel ! Les lits, les fauteuils, les balances, le brassard pour prendre la tension, … tout !
Tout est « dimensionné » pour des personnes en surpoids.
Du coup tout est plus simple, on se sent physiquement à l’aise et on ne culpabilise pas en permanence.
L’autre avantage : le personnel soignant n’est pas grossophobe (puisqu’il a l’habitude), il ne nous juge pas et n’y va pas de son petit commentaire négatif en pointant notre surpoids du doigt pour les moindres maux.
Quand une infirmière vient vous faire une prise de sang, elle ne vous pique pas dix fois « car elle n’arrive pas à trouver votre veine à cause de votre gras » comme je l’avais déjà vécu ailleurs.

Le seul moment où j’ai très mal vécu un examen fut pour la mesure de masse grasse. Vous devez vous rendre dans un autre service et vous passez sous un appareil d’imagerie médicale « DEXA », où on vous explique très maladroitement que comme vous êtes trop grosse, ils ne peuvent scanner que d’un côté et travaillent en miroir l’autre côté.
Vous vivez très mal l’examen, pour au final ressortir avec une image où on dirait qu’il y a une autre personne à l’intérieur de votre corps : flippant !

Une semaine au service obésité d’un hôpital - repas
Crédit : Pixabay

CB : Avez-vous pu avoir toutes les réponses que vous attendiez ?

L : Toutes les réponses : non. Ce n’est pas miraculeux. Mais des réponses, oui !

J’ai pu apprendre que tous les résultats étaient excellents – OUF ! Qu’un petit souci au cœur pouvait largement s’arranger avec 30 minutes de marche 3 fois par semaine.

Mais la révélation a surtout été sur la balance, car sans m’en rendre compte, à manger la nourriture de l’hôpital matin, midi et soir pendant 5 jours, j’avais perdu 7 kg !

Oui, 7 kg en 5 jours ! Ca a été un vrai déclic !

Il fallait que je regarde d’un peu plus près ce qui se trouvait dans mon assiette au quotidien ! Ce que j’ai fait, avec l’aide de spécialistes (bienveillants), pour aujourd’hui avoir stabilisé mon poids à 120 kg. Une grande fierté !

Une semaine au service obésité d’un hôpital
Crédit : Pixabay

CB : Merci pour votre sincérité ! Une petite dernière question : faisable pour de vrai 30 minutes de marche 3 fois par semaine ?

L : Ah la question piège … Au début oui je m’y tenais ! Mais j’ai vite commencé à trouver des excuses.

Aujourd’hui j’ai trouvé une autre solution :

« Je descends de mon métro un arrêt plus tôt matin et soir ! Tout aussi efficace et surtout ça m’a permis au passage de découvrir mon quartier 🙂 « 

 

 

 

 

 

 

Caroline de Boaimes
Caroline de Boaimes
Militante de ‘l’acceptation de soi’, un peu féministe et grande fan de l'entreprenariat au féminin, je décide d’œuvrer pour que les mentalités changent depuis 2015 : « Ton corps est beau, il faut que tu t’aimes », comme un mantra, cette phrase est devenu BOAIMES CONSEILS, mon petit monde de coaching et de conseils pour femmes rondes (comme moi, mais pas que) ! c'est le 'coup de pied au fesses' dont tout le monde a besoin un jour dans sa vie, je viens vous aider à comprendre votre corps, sublimer votre silhouette et surtout vous épanouir ! Grâce à RNG et ces articles, je souhaite aborder avec vous des sujets bien précis et lancer le débat ! A vos commentaires !
http://www.boaimes.com

One thought on “Une semaine au service obésité d’un hôpital

  1. Tout simplement, bravo pour votre courage Laurence !! C’est jamais facile de se lancer dans de telles démarches, on a toujours peur d’une mauvaise nouvelle et de devoir affronter des épreuves compliquées. Je suis admirative et vous envoie plein d’encouragements pour la suite !!

Laisser un commentaire

Top
%d blogueurs aiment cette page :