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A voir au théâtre en ce moment : « Baby», Isabelle Carré, poignante mère-porteuse.

Wanda (Isabelle Carré) et Al (Vincent Deniard) s’aiment.

Ils attendent leur 5ème enfant mais n’arrivent pas à joindre les deux bouts et vivent dans un camping-car dans le Sud des Etats-Unis.

Rachel (Camille Japy) et Richard (Bruno Solo) s’aiment aussi mais ne peuvent pas concevoir. Ils vivent dans une grande maison avec piscine en Californie et leur avocat est spécialiste des adoptions de nouveau-nés.

Dans une Amérique où les riches et les pauvres coexistent sans se côtoyer, les trajectoires de ces deux couples vont se rencontrer.

La comédie grinçante de Jane Austen est adaptée par Camille Japy, qui incarne Rachel (la bourgeoise en mal d’enfant) et mise en scène par Hélène Vincent.

On passe de l’intimité de la caravane à la froideur de la chambre d’hôpital, deux univers qui évoquent subtilement les deux couples.

L’interprétation très juste de tous les comédiens nous embarque dès l’ouverture de rideau.

Mention spéciale à Isabelle Carré qui incarne une mère-porteuse criante de vérité, poignante du début à la fin.

Quand à Vincent Deniard, qui lui donne la réplique, il est très convaincant en bouseux paumé qui aime sa femme et ses gosses, et voudrait bien plumer les riches pigeons prêts à payer pour un « enfant blanc », tel que spécifié dans l’annonce.

Mais les choses ne vont pas se passer comme prévu, pour aucun des protagonistes du récit de Jane Anderson.

Les salauds ne sont pas  forcément ceux qu’on pourrait croire et la pièce ne laisse pas de marbre.

A voir au théâtre en ce moment : « Baby», Isabelle Carré, poignante mère-porteuse.

On s’interroge, sans nécessairement se projeter dans les personnages, sur les conditions qui  peuvent amener les plus faibles à  se résoudre à vendre (ou louer) un ventre, un enfant.

Une réflexion intéressante et compliquée sur un sujet de société qui s’inscrit dans l’actualité du calendrier législatif français. Bien que la pièce date des années 90 et n’aborde ni l’homoparentalité, ni la gestation pour autrui (au sens location de ventre pour un embryon sans lien génétique avec la mère porteuse), ce sont des thèmes connexes qui surgiront dans la discussion alors que vous rentrerez chez vous …

Le texte est politique, il dénonce l’esclavage moderne et met en avant la complexité de l’âme humaine.
Les rôles masculins sont remarquablement écrits et joués, plein de contradictions, criant d’humanité.

 

Si cette pièce a bénéficié d’une large promotion dans les émissions de radio et télévision à grande audience, principalement grâce aux têtes d’affiche (Isabelle Carré et Bruno Solo mais aussi Hélène Vincent), le bouche-à-oreille aurait peut-être suffit à assurer son succès.

En effet, tous les ingrédients sont réunis pour passer un bon moment : le texte, la mise en scène, les comédiens.

 

Pièce déconseillée aux femmes enceintes, ou alors…apportez vos petits mouchoirs car vous allez verser votre larme.

 

Représentations du mardi au samedi à 21h.

En matinée le dimanche à 15h

Théâtre de l’Atelier

1 place Charles Dullin

75018 Paris

Indiana
Indiana
Indiana Sendyk est une grande voyageuse qui a choisi de poser ses valises à Paris il y a 10 ans. Un peu ici et un peu ailleurs, son engagement pour les droits de l’Homme l’a emmenée aux quatre coins du monde du Kosovo au Nicaragua, d’Afghanistan au Burkina Faso en passant par le Timor-oriental. Dans son premier livre « Hôtel Méguétan », publié aux Editions La Découvrance, elle livre avec beaucoup d’humour un portrait mordant de son expérience au Mali en 2013 et des personnages truculents qu’elle rencontre lors de ses missions humanitaires. Quand Indiana est à Paris, capitale qu’elle aime passionnément, elle teste pour vous les nouveaux resto, bars, brunch et salons de thés. Elle va au cinéma, au théâtre et voir des expo.
http://bit.ly/2ky6CGP

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