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Quand végétarisme rime avec gourmandise ! Interview de la Youtubeuse Eva Les Petits Plats

Quand végétarisme rime avec gourmandise ! Interview de la Youtubeuse Eva Les Petits Plats

Eva est une Marseillaise de 30 ans, pétillante et sexy, militante de la cause animale.

Après des études d’art dramatique et un engagement bénévole avec l’association Sea Shepherd, elle décide de lancer sa chaîne Youtube dans laquelle elle partage ses recettes végétariennes.
Un gros coup de cœur pour son look, son humour et le ton décalé avec lequel elle fait passer son message.

Pas de cochons torturés ici (mais vous pouvez voir les vidéos de L.214 ici).

Eva nous a accordé un entretien.

Indiana : Eva, est-ce que ça te convient qu’on te décrive comme une pin-up militante ?

Quand végétarisme rime avec gourmandise ! Interview de la Youtubeuse Eva Les Petits Plats 1
Eva Les Petits Plats ©Aurélie Viau

Eva : Haha ! Oui, pourquoi pas? Me décrire comme une pin-up me flatte, merci ! Mais le terme « militant » ne correspond pas tout à fait à ce que je fais.

Je ne me contente pas uniquement de militer, d’informer et de sensibiliser. Mon but est de proposer de réelles solutions à ceux qui souhaitent agir, leur donner toutes les clés pour les aider concrètement à changer leur alimentation et leur habitudes. Une sorte d’utopie concrète.

I : Tu pourrais rappeler à nos lectrices la différence entre végétarisme, flexitarisme et véganisme ?

E : Le végétarisme consiste à ne pas manger de chair animale. Comme je dis souvent, pour citer John Lenon, « je ne mange pas tout ce qui a des yeux ». Donc pas de viande ni de poisson.

Le flexitarisme est un nouveau terme qui désigne toutes les personnes qui ont réduit leur consommation de viande et de poissons mais qui continuent d’en manger un peu, en voie du végétarisme.

Et le véganisme est un style de vie. Un végane a une alimentation végétalienne et  il ne consomme aucun produit issu de l’exploitation animale. Il ne porte pas de cuir ni de fourrure, utilise des cosmétiques cruelty free  (non testés sur les animaux). Ce sont également souvent des personnes très engagées dans les associations de protection animale et/ou environnementale. Être végane c’est tenter d’avoir un style de vie en parfaite cohérence avec ses convictions. Et ce n’est pas chose aisée dans le monde dans lequel nous vivons ! J’en parle dans ma toute première vidéo tapenade sans anchois .

 

I : Qu’est-ce qui t’as amenée à devenir végétarienne puis végane ?

E : Avant, j’étais une grosse viandarde. Je mangeais de la viande à tous les repas et je consommais des produits de la mer très régulièrement.

Puis je me suis engagée avec l’association Sea Shepherd en tant que bénévole à terre. Le premier jour, l’un des bénévoles m’a dit « Ici on est véganes, donc si tu veux manger ton jambon beurre, tu vas le faire sur le stand à coté ».

Quand végétarisme rime avec gourmandise ! Interview de la Youtubeuse Eva Les Petits Plats 2
Eva Zink et Paul Watson de Sea Shepherd ©Eva Zink

Je ne comprenais pas le rapport entre écologie et industrie de la viande, par manque d’informations. Puis il m’a expliqué que le premier geste écologique à faire c’est d‘arrêter de manger du poisson et de la viande. Le soir même je mangeais mon dernier cordon bleu de supermarché et le lendemain je faisais mes premières courses 100% végé.

J’ai appris, j’ai lu des articles, je me suis renseignée. Puis j’ai participé à ma première mission avec eux, la Mare Nostrum, en tant que chef cuisto végane, pour 30 personnes midi et soir.

Depuis ce jour je n’ai plus consommé de chair animale. Ça fait 4 ans. Végane en mer mais une fois de retour à terre c’était vraiment difficile de continuer ce mode d’alimentation en société. Alors il m’arrivait de manger du fromage, des œufs, au restaurant, chez des amis… Mais j’ai trouvé une solution : je ne sors plus de chez moi ! et je suis (re)devenue végane. (Rires) J’en parle dans ma vidéo  « Nous sommes végétar-liens« .

I : Comment t’es venue l’idée de lancer ta chaîne Youtube et de proposer des recettes ?

E : Au début, c’était pour mes amis. Quand on vient manger chez moi on mange végé et beaucoup de personnes me demandait « c’est quoi? », « comment tu fais? », « donne-moi la recette! ».

A la base, je suis comédienne. Pour payer mon loyer, je bossais dans un magasin bio.

Après m’être fait licencier de manière imprévue, c’est lors d’une nuit d’insomnie que j’ai eu cette idée de rassembler mes 3 passions: la comédie, la protection animale & environnementale et la cuisine !

Malgré ma situation financière très précaire, j’ai fait le choix de ne pas reprendre de job et de me consacrer à ma chaîne Youtube. C’est risqué, mais j’ai trouvé ma mission de vie. Et j’y travaille jour et nuit. (ndlr : déjà  19 000 abonnés en seulement 9 mois)

I : Qu’est-ce que tu réponds aux gens qui te disent « moi, je ne pourrais pas, j’aime trop la viande » ?

E : Je réponds que nous n’avons pas besoin de manger de la viande pour être en bonne santé. Si nous continuons à en manger c’est par pur plaisir gustatif. J’adore manger. J’adorais la viande. J’ai décidé d’arrêter d’en manger. C’est très différent.

Je veux aider les autres à se faire plaisir autrement. Via l’alternative végétale. J’en parle dans ma vidéo spécial Noël #4

I : Depuis que tu as changé ta façon de te nourrir, as-tu constaté des changements physiques ? Sur ton poids, ta peau ?

E : J’étais pleine de préjugés. Je fais beaucoup de sport et j’avais peur de m’évanouir les premières semaines. Mais j’ai finalement découvert que j’avais en fait beaucoup plus d’énergie, je n’avais plus le coup de barre d’après manger lors de la digestion.

Végétarienne je n’ai pas perdu de poids car je continuais à manger de la graisse animale (fromages, beurre, produits laitiers…) que le corps stock mal.

Mais durant les 3 premiers mois de végétalisme, j’ai perdu 8 kg. Alors que je mangeais toute la journée !!
Je me sentais bien dans mon corps, c’est le plus important. J’ai des amies véganes en surpoids.
Je pense que ça dépend vraiment de chacun. Quand à ma peau, j’ai eu de l’acné sévère pendant plus de 15 ans.
J’ai tout essayé, j’ai le visage plein de cicatrices et de crevasses dues à cette acné.
Depuis que je ne mange plus de produits laitiers et que j’ai conscience de ce qui est bon ou mauvais pour mon corps, j’ai une peau de bébé !

 

I : Quelle est la recette que l’on te réclame le plus ?

E : On me parle beaucoup des faucisses, parce que le terme fait rire tout le monde ! Mais chez moi, en général, on me demande la soupe de lentilles cocorail , le couscous et les buffets d’apéritifs où l’on découvre différentes saveurs et où l’on mange sans fin en picorant.

 

I : Tu as fait une série de vidéos pour les fêtes avec des propositions de menus, de recettes mais aussi le top 10 des réflexions les plus soûlantes que tu entends quand tu es végétarien. Alors Noël, comment ça s’est passé finalement ?

E : Très bien merci ! Ma famille a complètement accepté mon mode d’alimentation, mon frère m’a offert un coffret de maquillage Urban Decay et j’ai très bien mangé ! Ce qui est dur pour moi, ce sont les photos sur les réseaux sociaux avec des tables de fêtes, le foie gras à outrance dans les supermarchés et l’idée qu’un massacre de masse s’opère ce soir-là pour le bon plaisir des hommes. J’étais heureuse que cette période se termine. Et j’ai déjà des idées pour l’an prochain !

 

I : La personne qui partage ta vie est-elle végétarienne ? Comment on fait quand ce n’est pas le cas ?

E : Il l’est naturellement devenu. En même temps, avec moi en cuisine ça n’était pas bien compliqué !

Quand nous vivons avec quelqu’un qui n’a pas le même mode alimentaire que nous, je pense que le plus important c’est de ne pas lui imposer notre choix.
S’il veut devenir végé, il le fera par lui même.
S’il nous pose des questions répondez-y calmement, pour éviter les conflits et les débats inutiles.
Faites-lui plaisir en lui préparant de bonnes recettes et partagez ensemble de bon repas véganes.

Une bonne bouffe, c’est ce qu’il y a de plus efficace pour convaincre quelqu’un!

 

I: Eva, tu as eu un mot maladroit dans une de tes vidéos et certains ont pensé que tu es grossophobe. Qu’as-tu à dire à ces personnes?

E: Je suis très attristée d’avoir reçu quelques messages de personnes qui se sont senties insultées lorsque j’ai fait la blague de la « cuisine de gros ».

Mes vidéos sont des vidéos humoristiques et j’encourage la nourriture gourmande.
J’ai pris le temps de répondre à ces quelques personnes en privé, mon intention était de faire rire, car je suis décomplexée et je veux dire au monde entier que les courbes des femmes sont belles, qu’importe leurs proportions. Etre en chair est une qualité physique.

Aujourd’hui je me sens bien dans ma peau, mais ça n’a pas toujours été le cas. Plus jeune on me surnommait « bouboule ». On m’a refusé des rôles de comédienne et de modèle photos à cause de mes kilos en trop. Même si j’ai perdu du poids (grâce au véganisme), cette blague n’était que de l’autodérision.
Beaucoup de femmes et d’hommes souffrent à cause de cette pression que nous mettent les dictats de la maigreur moderne.
Mon intention était de faire sourire et non d’encourager ces idéologies superficielles de l’apparence.

De plus, si aujourd’hui l’obésité est un problème de santé publique, c’est que nous sommes victimes d’une industrie agroalimentaire hautement toxique. Je veux aider les gens à mieux s’alimenter et être en paix avec leur corps, pas à perdre du poids.
Cette démarche a changé ma vie, bien manger et faire du sport.

Voilà la clé ce qui a marché pour moi. C’est tout. Le reste on s’en fout. Et je ne ferais plus jamais cette blague.

 

I : Merci Eva.

Quand végétarisme rime avec gourmandise ! Interview de la Youtubeuse Eva Les Petits Plats
Youtube awards ©Eva Zink

 

 

 

Indiana
Indiana
Indiana Sendyk est une grande voyageuse qui a choisi de poser ses valises à Paris il y a 10 ans. Un peu ici et un peu ailleurs, son engagement pour les droits de l’Homme l’a emmenée aux quatre coins du monde du Kosovo au Nicaragua, d’Afghanistan au Burkina Faso en passant par le Timor-oriental. Dans son premier livre « Hôtel Méguétan », publié aux Editions La Découvrance, elle livre avec beaucoup d’humour un portrait mordant de son expérience au Mali en 2013 et des personnages truculents qu’elle rencontre lors de ses missions humanitaires. Quand Indiana est à Paris, capitale qu’elle aime passionnément, elle teste pour vous les nouveaux resto, bars, brunch et salons de thés. Elle va au cinéma, au théâtre et voir des expo.
http://bit.ly/2ky6CGP

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