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La photographe belge qui sublime toutes les femmes

La photographe belge qui sublime toutes les femmes

A la rencontre de Marine Hardy, photographe bruxelloise, qui a fait de la féminité le centre de son travail et de son univers photographique.

J’ai rencontré Marine en 2016 à l’occasion d’un événement dans lequel elle exposait sa série de photos intimes sur l’envers du décor des strip-teaseuses. Depuis c’est un coup de cœur mutuel qui nous a poussées à collaborer ensemble et créer de belles choses ensemble.
Pour vous, je lui ai posé trois questions pour vous faire découvrir son travail et vous donner envie de vous lancer dans l’aventure. Ce n’est pas un mythe, avoir de belles photos de soi, ça fait du bien !

Comment en es-tu arrivée à axer ton travail sur la féminité ?

Comme toutes les femmes je pense, je me suis très vite posé des questions sur la représentation du corps et de mon corps. Je n’étais pas satisfaite de ce que je voyais dans les médias. Je me suis intéressée à la culture de la pin-up, avec Gil Elvgren d’abord, Bettie Page, Dita Von Teese, le néo burlesque. La photo est pour moi un outil d’exploration, je fais toujours des photos quand un sujet m’intéresse.

Je trouve le moyen petit à petit de faire des images. J’étais curieuse de ce qu’était le strip-tease, j’ai été faire des photos dans un bar à strip-tease. Je voulais faire du nu, je demandais aux copines de poser pour moi.

Bettie Page

Au final, tous les corps que j’ai pu voir sont tous différents de ce qu’on voit dans les médias. Et tous ont leur histoire, et parfois leurs dérèglements hormonaux ou physiologiques. Et puis c’est intéressant cette question de la féminité, c’est très intime, on n’en parle pas toujours ouvertement, même avec ses amies.

C’est à ce moment-là que j’ai commencé à avoir de l’intérêt pour les cercles de femmes qui s’inspirent de cultures traditionnelles. Où les femmes plus jeunes apprennent des plus âgées, où il y a vraiment une nécessité de partager son expérience. Je trouve ça très beau cette idée de rassemblement à travers les expériences et les âges.

Je ne compte pas intégrer de dimension thérapeutique ou spirituelle dans mes séances photographiques. Mais j’aime beaucoup cette idée de féminin sacré, de partir à la recherche de cette femme au fond de soi qui est le nid de nos émotions, de notre créativité.

Pour résumer, la question du corps m’a longtemps travaillée, et ça m’a pris de l’énergie que j’aurais pu consacrer à autre chose. Ça m’a aussi fait découvrir pas mal de choses qui existaient, mais avec lourdeur. C’est pour ça que avec mon appareil photo j’ai envie travailler la féminité pour dire « tu es belle, telle que tu es, aime toi et vis ta vie, peu importe les marques que ça laissera sur ton corps ».

C’est comment de photographier des personnes rondes ?

C’est pareil que les minces ! Il y a des vergetures, de la cellulite et des petits ventres aussi !

Des cheveux qui dépassent, des boutons parce qu’on va être réglée et des poches sous les yeux parce qu’on a bossé/fait la fête/le petit a vomi toute la nuit/fini la dernière saison de sa série du moment sur Netflix. Et pour les mannequins c’est pareil ! Sauf qu’il y a le coiffeur, le maquilleur et un expert, dont c’est le métier de faire des centaines de retouches sur une seule image !

Je vais être honnête. Je viens de la même planète que tout le monde. Inconsciemment j’ai été éduquée en tant que femme et citoyenne du monde occidentale avec la culture du corps parfait avec toutes ces images dans les médias. Ça m’a conditionnée en tant qu’individu et en tant que photographe. Je me bats contre ces stéréotypes quand je suis face à ma tablette de chocolat, ainsi que derrière mon objectif.

Je crois que ce n’est pas facile de laisser les stéréotypes au placard, mais c’est possible. Il faut oser faire, tout simplement.

La photographe belge qui sublime toutes les femmes 1

Depuis 1 an et demi je photographie pour le Salon des Frivolités.

Les premières fois je m’énervais un peu contre les rondeurs de Caroline. Et puis j’ai réalisé que c’était mes propres erreurs à moi. Parce que je ne savais pas « regarder ». Mais quand j’ai fini la sélection, la retouche des lumières, de la balance de couleurs (je ne fais jamais de retouches par rapport au corps), je suis heureuse du résultat. Ce ne sont pas des photos d’une femme ronde. Ce sont des photos d’une femme, qui est belle, fière de qui elle est et qui le montre.

Parce qu’il y a bien plus que le corps. Il y a ce qu’on accompli grâce à ce corps qui est notre plus fidèle compagnon pour le reste de notre vie. Une femme mince a aussi ses petites « imperfections ». En tant que photographe il faut aussi apprendre à jouer avec la lumière pour atténuer ou mettre en valeur. Ce n’est pas toujours évident non plus. Peu importe le modèle, c’est le travail du photographe de mettre en valeur.

Quels conseils donnerais-tu à une personne qui a envie de poser pour la première fois ?

Bizarrement, le premier conseil que je donnerais, ce serait d’installer un grand miroir en pied dans sa salle de bain ou sa chambre ! J’ai remarqué que de se regarder tous les jours, sans jugement, mais avec bienveillance, c’est magique pour gagner de l’estime en soi ! Et je pense que ça aide pour être plus à l’aise devant l’objectif.

Après tout, Oscar Wilde disait que « la beauté est dans le regard de celui qui regarde ». Ciblez le genre de photos que vous avez envie de faire pour trouver la/le bon photographe avec qui faire les photos. Je ne peux pas m’empêcher de penser que pour ce qui touche la féminité, une femme photographe est plus indiquée. J’aime cette idée de créer une sororité pendant un bref moment. Retrouver ce moment sacré où on se retrouve entre femmes. Sans barrières ni tabou, et de s’autoriser à être qui on a envie d’être.

Lingerie Pompadour

Enfin, il y a beaucoup de gens qui se disent « photographes » avec le numérique, la retouche, les filtres, …A peu près n’importe qui peut faire des photos, s’il maîtrise la technique et l’esthétique…

Mais être photographe, c’est aussi s’intéresser à l’autre, à son histoire, c’est être curieux.

Ce n’est pas faire les mêmes images et les mêmes esthétiques parce que ça marche ! Vous n’avez pas envie d’avoir les mêmes photos que les 100 modèles avant vous avec juste le contexte qui change. Et choisissez un ou une photographe qui vous a été recommandé, soit par une amie. Ou quelqu’un que vous suivez sur le web depuis longtemps qui a de bons retours.

 

Caroline
Caroline
Ici Caroline, 29 ans et toutes mes dents ! Nana du sud délocalisée à Bruxelles depuis deux ans et demi, je ne me laisse pas abattre pas le temps gris ! A côté de mon travail à plein temps, j'ai un autre travail à beaucoup de temps : j'écris pour vous sur le blog Le Salon de Frivolités de Mlle Caroline. Depuis deux ans, je vous y parle de lingerie, et plus spécialement de lingerie grande taille. Pourquoi ? Parce qu'on ne parle pas assez de lingerie en français, parce que j'avais envie de faire découvrir des marques et montrer qu'il y aussi de belles choses pour les rondes, et surtout parce que quand j'ai commencé, je ne voyais pas assez de françaises comme moi, bien en chair, se montrer en lingerie et j'ai voulu changer ça. Féministe, folle à chat, totalement addict à la lingerie et aux livres en résumé. J'espère vous aider à trouver de belles choses pour vous, qui vous font vous sentir bien comme vous êtes !
http://lesalondefrivolites.com

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