Vous êtes ici
Accueil > Culture & Loisirs > GROS n’est pas un GROS mot !

GROS n’est pas un GROS mot !

gros n'est pas un gros mot

les-autrices-de-gros-n-est-pas-un-gros-622x600-2Fondatrices du collectif Gras Politique*,  Daria Marx et Eva Perez-Bello viennent de sortir un livre sur la grossophobie : « Gros n’est pas un gros mot » qui revient sur tous les préjugés sur les gros et les discriminations dont ils sont l’objet ainsi qu’une analyse de la manière dont la société  crée ce phénomène d’exclusion, comme si les gros n’avaient pas le droit de vivre comme tout le monde et devaient se cacher.

* Gras politique est un collectif de personnes gros(ses) qui ne supportent plus la grossophobie systémique et les discriminations variées qu’elles subissent, maltraitance médicale, discriminations à l’embauche, précarisation, et abandon par la société.

Le mot grossophobie vient d’entrer officiellement dans le dictionnaire. C’est une bonne chose. C’est la reconnaissance d’un phénomène vécu au quotidien par les gros.

Le bouquin décrit, situation par situation (au travail, à l’école, dans l’enfance, chez le médecin, dans la rue, en famille, dans la mode, dans les médias, etc.) la violence que subissent les gros dans leur quotidien.

Les auteurs nous répètent, espérant se faire entendre de tous,  qu’être gros n’est pas une maladie de la volonté !

Les gros, d’ailleurs font beaucoup d’efforts au quotidien pour rentrer dans la norme,  par exemple les « régimes » qu’on leur impose ou qu’ils s’imposent, sans prendre en compte que leur pulsions  est un trouble du comportement alimentaire, maladie reconnue du milieu médical. D’autre part, l’obésité est multifactorielle, ce qui explique les échecs des régimes variés et le plus souvent absurdes ainsi que, chose étonnante qu’on est train de constater, celui de la chirurgie bariatrique à plus ou moins long terme.

 

gras politiqueLes autrices reviennent sur le fait que  tout se joue souvent durant l’enfance.    

Répéter à un enfant  « Attention tu vas être gros » ou avec un soupir « Si tu manges ça, tu vas encore grossir ! », c’est traumatisant. Plus on discrimine une personne grosse et plus elle se sent mal et va développer de troubles alimentaires pour compenser. Dans l’entourage, si de façon obsessionnelle, on surveille  le comportement de son enfant, on va créer un traumatisme lié à la nourriture et cela n’ira que de mal en pis.

Plus tard, l’adulte, constamment ostracisé, va développer un mal-être terrible.                     

Car on va lui faire comprendre par des remarques ou des regards apitoyés, des humiliations quotidiennes, dans la famille, dans les transports, dans la rue, chez le médecin, à l’hôpital, en ne les embauchant pas qu’il est GROS ! Comme si il ne le savait pas !

 

 

Des témoignages bouleversants mettent en lumière la grossophobie ordinaire qui  est ensuite décryptée par les autrices pour comprendre d’où elle vient, et pourquoi elle peut s’exprimer ainsi en toute impunité.

grossophobie-grosse-discrimination_5898735

Non, ce n’est pas de ta faute si :                                                                                                                                             

 les gens se permettent de te faire des réflexions sur ce que tu as dans ton caddie quand tu fais tes courses…                                                                                                                                                                                                    

– on te refuse un emploi car « tu es trop gros »…                                                                                                             

le médecin te parle de régime et te laisse repartir sans traitement quand tu as mal au dos,  et c’est bien là une des discriminations les plus graves car se soigner quand on est gros est un parcours difficile qui amène nombre d’entre eux à  renoncer aux soins.

Nous sommes élevés dans une société qui explique qu’être gros, c’est être « non conforme » et qu’à force de de nous malmener « pour notre bien », , nous allons enfin prendre conscience que cela ne peut plus durer et qu’il faut rentrer dans le rang et maigrir, ce qui est l’exact contraire du but recherché !

En sortant de la culpabilité, on peut ainsi comprendre et intérioriser ce qui est subi. On ne se  lèvera plus en ayant le sentiment d’être « bon à rien, moche, juste un tas de graisse, etc. » ce sera un pas en avant. C’est toute une éducation à faire de soi-même  et de la société qui, par ses clichés ravageurs contribue à augmenter le phénomène.

Au final, ce livre nous explique que la grossophobie discriminante n’est pas une fatalité et qu’un gros n’est pas une personne qui s’est égarée et qu’il faut remettre dans le droit chemin, mais une personne à part entière avec ses joies et  ses désirs qui est juste plus grosse que certaines autres et qui n’a pas à vivre le rejet et les moqueries à cause de sa différence.

Bref, un livre à partager et faire lire pour commencer cette éducation nécessaire pour tous !

Marie France
Marie France
Bonjour, Je suis enseignante en retraite mais aussi mère de famille nombreuse mélangeant harmonieusement enfants biologique et adoptés, tous adultes maintenant. D'autre part, outre la mode pour femme ronde que j'aime et qui me passionne, j'aime lire de tout, connais et écris parfois sur des sujets d'histoire, de philo, de médecine, de sociologie et tout ce qui est culture générale. J'ai aussi pratiqué et animé des ateliers d'écriture, ai écrit de la poéie et ai fréquenté et participé deux ans à des scènes slam.

One thought on “GROS n’est pas un GROS mot !

Laisser un commentaire

Top
%d blogueurs aiment cette page :