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A voir au théâtre en ce moment : « Je demande la route », Roukiata Ouedraogo, seule en scène.

J’ai découvert Roukiata Ouedraogo pour la première fois sur France inter et je l’ai tout de suite aimée.

Je suis donc allée la découvrir sur scène, dans son quatrième spectacle, qu’elle a écrit et mis en scène avec son complice, Stéphane Eliard.

On est d’abord impressionné par la beauté incandescente de la comédienne, « petit modèle » comme elle se surnomme elle-même.

Puis on se laisse embarquer dans un récit autobiographique plein d’humour et de péripéties.

A voir au théâtre en ce moment : « Je demande la route », Roukiata Ouedraogo 1

Si Roukiata fait rire la salle, elle donne aussi la chair de poule quand elle aborde le délicat sujet de l’excision (c’est extrêmement audacieux de caler ça dans un one woman show).

Certains spectateurs ont même versé leur petite larme sur la scène finale, le retour au pays.

Dans son spectacle très personnel, Roukiata raconte avec beaucoup d’autodérision son parcours d’immigrée en intercalant traits d’humour, éclairages culturels et vérités.

Elle explique ce que signifie « demander/donner la route » (titre du spectacle) ou ce qu’est la parenté à plaisanterie, une coutume reconnue patrimoine culturel de l’humanité par l’UNESCO.

Elle évoque les salons de beauté afro du quartier Château Rouge à Paris, les crèmes éclaircissantes et la passion des Africaines pour les télénovelas latino-américaines.

Elle traite aussi  de l’éducation à l’africaine (expliquant pourquoi il n’y a pas d’âge con au Burkina), des petits boulots qu’elle a occupés à son arrivée en France (caissière, nounou, maquilleuse) quand elle se  rêvait styliste.

Ce n’est qu’après la mort de son frère et de son père, qu’elle s’oriente vers l’art dramatique et trouve sa voix.

Ceux qui connaissent et aiment le continent africain seront sans aucun doute submergés par une vague de nostalgie.

Pour les autres, c’est une invitation à la découverte, avec parfois quelques clichés à prendre au second degré (on ne frappe pas à la porte parce qu’en Afrique on n’a pas de portes…) mais quelques piqûres de rappel utiles sur le rôle des immigrés.

« Ce balayeur malien que vous ignorez dans le métro, il fait plus pour le développement en Afrique qu’Angelina Jolie et le Fmi réunis ».

La bande-annonce du spectacle :

A voir jusqu’au 02/06/2018

Les jeudi, vendredi et samedi à 21h30

Au théâtre du Lucernaire

53, rue Notre-Dame-des-Champs
75006 Paris

 

Une de mes chroniques préférés de Roukiata sur France Inter :

Indiana
Indiana
Indiana Sendyk est une grande voyageuse qui a choisi de poser ses valises à Paris il y a 10 ans. Un peu ici et un peu ailleurs, son engagement pour les droits de l’Homme l’a emmenée aux quatre coins du monde du Kosovo au Nicaragua, d’Afghanistan au Burkina Faso en passant par le Timor-oriental. Dans son premier livre « Hôtel Méguétan », publié aux Editions La Découvrance, elle livre avec beaucoup d’humour un portrait mordant de son expérience au Mali en 2013 et des personnages truculents qu’elle rencontre lors de ses missions humanitaires. Quand Indiana est à Paris, capitale qu’elle aime passionnément, elle teste pour vous les nouveaux resto, bars, brunch et salons de thés. Elle va au cinéma, au théâtre et voir des expo.
http://bit.ly/2ky6CGP

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